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MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
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Témoignages
N° 18032 - 70EME ANNÉE
JOURNAL FONDÉ LE 5 MAI 1944 PAR LE DOCTEUR RAYMOND VERGÈS
Fermetures d’usines sucrières en Afrique de l’Ouest
Le Gol et Bois-Rouge : comment éviter
la catastrophe en 2017 ?
Usine de Bois-Rouge à l'arrêt. Cette image est-elle une préfiguration de son avenir si la production réunionnaise n'est
plus soutenue par les pouvoirs publics ?
En Afrique de l’Ouest, la concurrence des importations venant de produits
à bas coût de production a amené la disparition de l’industrie sucrière au
Tchad. D’autres sucreries sont menacées dans les pays voisins. En France
comme à La Réunion, cette concurrence commencera en 2017. Comment
éviter la catastrophe à La Réunion ?
En Afrique de l’Ouest, la hausse de
la population et le recul de la
grande pauvreté ouvrent de nouvelles perspectives pour les producteurs de sucre. La demande est
en augmentation. Cela devrait être
un atout pour les producteurs de
ces pays. Mais ce n’est pas le cas
alors que c’était un eldorado annoncé.
Ainsi, l’Ouest de l’Afrique a vu des
investisseurs construire ou reprendre des sucreries. Parmi eux, le
groupe français SOMDIAA produit
chaque année 350.000 tonnes de
sucre dans plusieurs implantations.
Mais au mois de février dernier, les
Français ont décidé de fermer une
usine de sa filiale Compagnie sucrière du Tchad (CST). Jeune
Afrique donne une explication :
« « Nous ne pouvons plus continuer
à produire. Depuis trois mois, nous
n’avons pas pu vendre un seul sac
de sucre. Nos locaux sont pleins à
craquer ». C’est ainsi que Mahamat
Allamine Maouloud, directeur de la
production de la Compagnie sucrière du Tchad (CST), propriété du
groupe panafricain basé en France
Somdiaa, a justifié la fermeture de
l’usine de Banda, près de Sarh.
Cette fermeture, annoncée le 25 février, consacre l’arrêt de la production de sucre au Tchad, après la
fermeture d’une première usine à
N’Djaména en 2012 ».
Pas un sac de sucre
vendu en 3 mois
«
Ces
événements
sont
la
2 - LA UNE
TÉMOIGNAGES DE MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
Meeting du PCR au Gol. Le PCR mène une campagne d'explication pour alerter sur la menace à venir, et la nécessité de
s'organiser.
conséquence de la concurrence des
sucres nigérians et soudanais, vendus moins cher et qui inondent le
marché tchadien. Début janvier,
dans une campagne de communication, la CST alertait l’opinion sur le
fait que 70 % du sucre consommé
au Tchad était d’origine étrangère
et introduit en toute illégalité. Ajoutant que si les autorités ne réagissaient pas en conséquence, elle
risquerait de fermer ses installations. L’appel ne semble pas avoir
été entendu… »
Cette mesure a un coût social
énorme : 2500 travailleurs sont mis
au chômage, sans compter ceux qui
travaillaient dans les champs pour
produire de la canne et qui n’ont
plus aujourd’hui d’acheteurs.
Au Cameroun, une autre filiale de
SOMDIAA, la Société sucrière du
Cameroun, a failli fermer une de ses
deux usines pour cause de mévente.
Ce n’est pourtant pas la demande
qui est en cause. Elle est estimée à
2,8 millions de tonnes par an en
Afrique de l’Ouest, alors que la production est de 400.000 tonnes rappelle « Jeune Afrique ». Avec la
hausse de la population, le débouché devrait encore augmenter.
Or, bien que les usines n’arrivent
pas à couvrir la consommation locale, elles ont également les plus
grandes difficultés à vendre leur
sucre. C’est la faute à la
concurrence de sucres importés de
pays où les coûts de production
sont moins élevés. Ces derniers
inondent le marché, provoquant la
crise.
Pour le Tchad, la concurrence est
venue du Nigéria et du Soudan.
Pour le Cameroun et le Sénégal,
c’est le Brésil et l’Asie qui jettent le
trouble. D’après Jeune Afrique, le
Brésil a exporté plus de 2 millions
de tonnes vers l’Afrique de l’Ouest.
Cela couvre une grande partie des
2,8 millions de tonnes consommées. Il ne reste alors plus que
800.000 tonnes à se partager entre
les autres concurrents mondiaux et
la production locale.
Dans moins de trois
ans, la concurrence
mondiale
Cette crise vécue par les producteurs en Afrique de l’Ouest donne
un avant-goût de la menace qui
pèse sur La Réunion dans moins de
trois ans.
En 2017, ce sera la fin des quotas et
du prix garanti. Le sucre produit à
La Réunion sera alors face à des
concurrents très performants. Ainsi
en Europe, le sucre de betterave
coûtera 200 euros la tonne de
moins
que le sucre de canne
réunionnais. Si les Européens
n’achetaient plus de sucre de La
Réunion, quels seraient les débouchés pour les usines du Gol et de
Bois-Rouge ? Il est clair que le marché réunionnais est loin d’être suffisant pour absorber la production
d’une usine.
En Afrique de l’Ouest, le soutien
des pouvoirs publics est demandé.
C’est la seule manière de résister.
Soit les autorités bloquent les
importations, soit elles subventionnent les productions locales
pour qu’elles puissent s’aligner sur
les prix de la concurrence.
À La Réunion, c’est la seconde possibilité qui a été demandée au gouvernement
:
une
aide
supplémentaire de 38 millions d’euros par an à partir de 2017 pour
que le sucre réunionnais puisse
être concurrentiel dans le marché
mondial. Car l’usinier a été très
clair. S’il n’a pas la certitude de
vendre son sucre, il n’achètera pas
les cannes des planteurs. Cela
entraînera la ruine des planteurs, la
mise au chômage des ouvriers
d’usine et des transporteurs, ainsi
que de grandes pertes pour les
commerçants.
Les décisions prises en Afrique de
l’Ouest montrent que la menace de
fermeture des usines est bien
réelle.
M.M.
POLITIQUE - 3
TÉMOIGNAGES DE MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
Edito
Route en mer : qui empêchera
les Réunionnais de décider ?
N
ouveau coup dur pour le projet de Didier Robert : France Nature environnement vient de classer son chantier
pharaonique parmi les plus destructeurs pour l’environnement. La route en mer rejoint ainsi des noms aussi connus que l’aéroport
de Notre Dame des Landes, ou le barrage de Sivens. Ainsi, pour une des associations de défense de l’environnement les plus importantes
de France, les 12 kilomètres de côtes entre SaintDenis et La Possession subiront des dégâts irréversibles.
Ce n’est pas la première condamnation subie
par le projet dit de nouvelle route du littoral. Aucune instance environnementale n’a donné un
avis favorable. Le Conseil national de protection
de la Nature a même voté à l’unanimité contre le
projet présenté.
Malgré tout, le gouvernement avait donné suite
aux demandes de dérogation présentées par la
Région Réunion. Mais cette fois, le contexte est
différent.
cette conférence.
C’est pourquoi tous les regards vont se tourner
vers la France. Ce pays devra donc montrer qu’il
est exemplaire sur le plan du respect de l’environnement.
Aussi, François Hollande est monté au créneau
pour faire part de ses propositions face aux
coups partis. Il demande que la population soit
consultée plutôt que mise devant le fait accompli. Cible de nombreux recours, le projet de
route en mer suscite un tollé bien légitime. La
proposition du chef de l’État, c’est d’aller vers
un règlement démocratique de cette question.
Le peuple pourra-t-il décider ?
C’est une exigence minimale à respecter, pour
ne pas que la France devienne l’an prochain la
risée du monde.
J.B.
Dans moins de 12 mois, la France va accueillir la
Conférence de Paris 2015 sur le climat. L’objectif
de la France, c’est la signature d’un accord remplaçant le Protocole de Kyoto, avec une portée
beaucoup plus importante car s’il resterait attaché au principe de la responsabilité commune
mais différenciée, il fixerait aussi des
contraintes aux pays émergents ce qui n’est pas
le cas du Protocole de Kyoto. François Hollande
cherche ainsi à entrer dans l’histoire, en devenant le président qui était aux commandes de
Témoignages
Fondé le 5 mai 1944 par le Dr Raymond Vergés
70e année
Directeurs de publication :
1944-1947 : Roger Bourdageau ; 1947 - 1957 : Raymond
Vergés ; 1957 - 1964 : Paul Vergés ; 1964 - 1974 : Bruny
Payet ; 1974 - 1977 : Jean Simon Mounoussany
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1991- 2008 : Jean-Marcel Courteaud
Depuis 2008 : Jean-Max Hoarau
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4 - CULTURE
TÉMOIGNAGES DE MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
Un livre de Marylène Berne
« L’encre de la mémoire –
Femmes de La Réunion, mes sœurs »
Marylène Berne nous raconte, en quelque 195 pages, les multiples luttes
féministes de La Réunion auxquelles elle a participé. Contre les violences
faites aux femmes, contre l’apartheid, pour les droits des femmes. Histoire,
émotion, larmes, colère, humour…
A
u moment où je commence à
écrire cet article, j’entends à
la télévision un reportage sur
le sort de quelque cinq mille
femmes « engagées » dans le djihad
en Syrie. On y parle d’ « enlèvements », de « mariages forcés », de
« viols », d’«unions en CDD »
(contrats à durée déterminée), « de
violences », etc. Une série d’horreurs commises quotidiennement
contre des femmes, par des
hommes que l’on croirait surgis du
fin fond du Moyen-âge.
Et je me dis que, décidément, le
livre de Marylène Berne, « L’encre
de la mémoire – Femmes de la
Réunion, mes sœurs », présenté ce
lundi 22 décembre 2014 au Tampon
est au cœur de l’actualité. C’est
pourtant sa vie de militante engagée principalement à l’Union des
femmes réunionnaises (UFR), mais
aussi au Parti communiste réunionnais (PCR), qu’elle raconte à la demande, notamment, de sa fille
aînée.
Au fil des 195 pages défile un pan
de l’histoire contemporaine de La
Réunion. Quand, en 1966, Marylène
Berne arrive dans l’île au hasard
d’une affectation de son époux, Philippe, en qualité de Volontaire à
l’assistance technique (VAT), elle
croise quasiment Paul Vergès. Il
vient tout juste d’en finir avec un
marronnage de quelque vingt-huit
mois pour notamment protester
contre les saisies à répétition de
« Témoignages ». Lequel, organe du
PCR, avait eu le tort de dénoncer
les exactions et les tortures en Algérie, et de mettre en avant la revendication de l’autonomie.
Beaucoup d’émotion
Pour cette jeune enseignante disposant d’une spécialisation d’institutrice dans l’enfance inadaptée, c’est
comme elle l’écrit, « le choc des
cultures ». Elle transporte le lecteur
dans une société très inégalitaire au
sein de laquelle, elle apprend beaucoup sur la société réunionnaise.
En butte au rejet officiel du créole à
l’école, à l’inadaptation des outils
pédagogiques… elle se forge, à partir de son expérience et de son
adhésion raisonnée à la méthode
Freinet, sa méthode pour apprendre à lire et à écrire à des générations d’écoliers.
Elle siège au Comité directeur de
l’UFR à partir de 1975. C’est ainsi
qu’elle participe aux grandes luttes
féministes de ces quarante der-
émouvant portrait de Ti Georges,
militant historique du Tampon qui
reste à ces yeux, le type même du
militant aux convictions fermes.
Marylène raconte toutes ces
femmes connues, moins connues
ou inconnues, avec qui elle a parcouru tant de kilomètres pour dénoncer l’apartheid en Afrique du
Sud ou pour célébrer, chaque année
en mars, la Journée internationale
des femmes.
Le livre est illustré de nombreux
documents dont certains étonneront. Mais aussi de très belles
photos dues à l’objectif d’Alain Dreneau qui a signé avec Marylène
Berne, en 1981, un recueil de
poèmes baptisé « Femme Courage ».
Comme le souligne Paul Vergès
dans sa préface, « cette chronique
de la vie quotidienne d’une femme
de fidélité doit être lue par le plus
possible de nos compatriotes, car
elle les renvoie à leur propre vie
quotidienne, à leur propre lucidité,
à leur propre responsabilité ».
Correspondant
nières années. Notamment contre
les violences faites aux femmes. Les
chapitres sur le viol de Marie-Claire
Angama par quatre parachutistes,
le harcèlement sexuel de Mylène
Velna par son patron, et le viol de
Mme Boyer au Tampon, sont très
forts d’émotion.
Marylène Berne raconte cette
époque où la situation a nécessité
une association pour le déroulement normal des opérations électorales (ADNOE) ; où les femmes
étaient agressées au Tampon pendant les élections.
Elle rend hommage à Laurence Vergès et à Isnelle Amelin, deux
femmes, deux militantes qui l’ont
marquée. Elle dresse aussi un
Disponible à
- "Autrement" (Saint-Denis)
- "Autrement" (Saint-Pierre)
- "Livre ouvert"
- "La Colombe"
- Librairie des 600
au Tampon
- Kaz Fée Mazine à
Pierrefonds
- Station service chez Michel à
la Plaine des Cafres, 27ème
- L’île aux Bouquins, 20 ter
rue Félix Guyon (Saint-Denis).
TÉMOIGNAGES DE MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
NOTRE RÉGION - 5
Le résultat des élections vu par les Mauriciens
L’usure du pouvoir
La défaite de Navin Rangoolam le 10 décembre dernier était pour les uns
prévue, pour les autres, la conséquence d’une politique tournée vers des
privilégiés et une alliance hors-norme. De plus, la Seconde République,
présentée comme démocratique, a été vivement critiquée et rejetée par les
Mauriciens.
Au lendemain des élections législatives du 10 décembre 2014,
l’alliance PTr et MMM s’est dissoute. « Le MMM va reprendre sa liberté. Seuls, nous sommes plus
forts. Nous n’aurons plus d’engagement avec le Parti travailliste », a
annoncé, le 12 décembre, une
source anonyme au quotidien L’Express.
Un anti-Rangoolam
Le Mouvement Militant Mauricien
(MMM) de Paul Bérenger a
d’ailleurs
assuré
lors
d’une
conférence de presse que « nous
avons perdu les élections par la
faute de Navin Rangoolam ». De son
côté, l’ex-Premier ministre a expliqué que la campagne avait été « mal
maîtrisée, et qui a pu apparaître A Maurice, le chef de l'opposition et le Premier ministre avaient réussi à se
rassembler. Mais cet accord a été rejeté par la population.
comme étant de l’arrogance ».
Mais pour de nombreux mauriciens, la défaite de l’alliance PTr et
MMM est principalement due à scandale du siècle », avait déclaré attribué à Navin Rangoolam, tandis
l’usure du pouvoir. Une réalité prise Vasant Bunwaree, leader du Mouve- que le poste de Premier ministre
en compte par Navin Rangoolam, ment travayis militant (MTM) et ex- revenait à Paul Bérenger.
Pour certains, ce partage de pouqui n’a pas minimisé « le rejet de cadre du PTr.
l’usure du pouvoir, de sa personne Cet avis est largement partagé par voir était clairement anti-démocraUne
source
anonyme
et de sa vie privée », lors d’un point la population qui n’a pas apprécié tique.
cet accord. « Quand Bérenger travaillant dans une organisation
presse, le 20 décembre.
Au-delà de cette usure du pouvoir, (Paul) était dans l’opposition, il cri- gouvernementale, a expliqué : « ils
« il y a aussi tous ces scandales qui tiquait tous les jours Rangoolam allaient faire voter cette nouvelle
ont caractérisé le gouvernement (Navin). Et là, on les voit s’allier réforme sans demander l’avis du
sortant ». En effet, « le Premier mi- pour se partager le pouvoir » a dé- peuple. Et alors chacun aurait eu
nistre sortant a fait comme si le ploré Ramesh, employé dans un hô- son poste ».
pays était sa propriété personnelle, tel de Grand Baie. Ainsi le 10 Conscient de ces erreurs, Navin
octroyant des morceaux de l’aéro- décembre, « la population a expri- Rangoolam a indiqué qu’il « ne fait
port, de plages publiques, d’ilot à mé son mécontentement de toutes aucun doute » que la Seconde Rédes très proches », a expliqué le ces alliances qui se font et se dé- publique « a été une des raisons de
la défaite », ajoutant que les gens
journaliste mauricien, Jean-Clément font ».
ont eu l’impression que c’était un
Cangy.
arrangement entre Bérenger et
moi ». Dès lors l’alliance et le projet
Rejet de la
commun ont explosé, poussant les
Seconde République
deux camps à se remettre en
Une alliance très
question.
contestée
C’est sans compter sur l’alliance
“gouvernementale” faite entre le
Parti Travailliste (PTr) et le MMM,
qui « a volé en éclat » après les élections. Pour beaucoup de Mauriciens, cette alliance « est un
scandale en soi. C’est le plus grand
Ce partage du pouvoir s’est matérialisé par la Seconde République,
enjeu de cette élection. En effet, le
PTr et le MMM tenaient, une fois
élus, mettre en place une nouvelle
Constitution. Il s’agissait de donner
plus de pouvoir au président de la
République. Ce dernier aurait été
Céline Tabou
6 - ENVIRONNEMENT
TÉMOIGNAGES DE MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
Un dossier accablant de France Nature Environnement
pour la Région Réunion
La nouvelle route en mer classée
parmi les projets «destructeurs de nature»
L’organisation non gouvernementale FNE (France Nature Environnement)
vient de publier une liste d’une centaine de projets en France et dans le
monde qualifiés de «destructeurs de nature»; parmi ces projets
catastrophiques, il y a la nouvelle route en mer que souhaite réaliser à tout
prix la Direction de la Région Réunion au détriment du peuple réunionnais.
Pour faire face à ce grave danger environnemental et financier, FNE appelle
à «un sursaut démocratique».
Sur la liste et la carte des 104 "projets destructeurs de nature", France Nature Environnement (FNE) cite le projet de
nouvelle route en mer à La Réunion.
"De la nécessité d'un sursaut démocratique". C'est en ces termes que
France
Nature
Environnement
(FNE) publie sa carte d'"une centaine de projets destructeurs de nature contre lesquels ses militants
sont mobilisés". Une seconde carte
identifie une cinquantaine de projets respectueux de notre environnement.
"Un processus de
concertation en panne"
Selon FNE, les projets d'autoroutes,
de parcs d'activités, de barrages ou
d'aéroports présentés sur la carte
des projets destructeurs présentent
"[des] coûts environnementaux largement sous-estimés, quand ils ne
sont pas ignorés, et [des] bénéfices
sociaux et économiques surévalués". À l'opposé, la carte des pro-
jets
respectueux
de
l'environnement présente "des projets pour lesquels la parole citoyenne portée par [FNE] semble
avoir été entendue. Ces projets
montrent qu'un autre aménagement
du territoire est possible".
Dénonçant "un processus de
concertation en panne", la fédération environnementale estime que
"les difficultés pour mener le «débat
public» sur les conséquences environnementales des projets creusent
le fossé de l'acceptabilité sociale et
conduisent malheureusement à des
situations
conflictuelles".
En
conséquence, "trop souvent, les associations n'ont pas d'autre choix
que de faire appel à la justice pour
lutter contre les dérives de cette
pseudo-concertation".
Des golfs à l’enfouissement de déchets nucléaires; des décharges aux
pistes de ski... on trouve de tout
parmi ces projets déclarés d’intérêt
public par des élus locaux et considérés comme inutiles par les
contestataires, qui dénoncent la
destruction d’espaces naturels ou
agricoles et un gaspillage de l’argent public.
Un gaspillage
de l’argent public
Sur la plupart de ces projets, des
militants ont engagé des procédures juridiques. Voire occupé les
lieux comme dans le cas des ZAD
(zones à défendre) comme NotreDame-des-Landes, un site occupé
depuis 2008, et sur le site du projet
de barrage de Sivens, où les
confrontations entre occupants et
gendarmes se sont soldées par la
mort du jeune Rémi Fraisse en octobre dernier.
LA CANNE C'EST LE SUCRE, MAIS PAS SEULEMENT !
Les lecteurs de Témoignages peuvent considérer ce qui suit comme du
déjà vu, du réchauffé. Il n’y aurait là rien d’étonnant puisque notre journal
s’est toujours efforcé d’informer ses lecteurs sur les progrès du
développement durable de par le monde, ainsi que sur les énergies
propres. Ceci faisant partie des propositions du Parti sur ce que l’on a
appelées « l’autonomie énergétique ». Les informations, nous les puisons à
toutes les sources depuis un bon nombre d’années. C’est ainsi que nous
avons été amenés à évoquer, à plusieurs reprises les centrales électriques
cent pour cent biomasse… notamment à Cuba depuis l’année 2012 où un
plan global de remplacement des énergies fossiles par les énergies
propres a été lancé.
La canne c'est le sucre, mais pas seulement -29-
Centrales électriques, 100 % biomasse
Ainsi, en 2012, Cuba a ouvert sa première centrale
cent pour cent biomasse : cette centrale a été
construite à 400 kilomètres dans le nord de La Havane, capitale du pays, dans la province de Ciego de
Avila juxtaposée à une usine sucrière. La centrale utilise de la bagasse et des résidus forestiers dont les
bois de Marabu, une espèce envahissante produisant
un bois très dur et du charbon d’excellente qualité.
Plus de pétrole, plus de gaz, plus de charbon de terre,
de la biomasse à quasiment cent pour cent.
Angel Mandez, un des responsables du groupe Azcuba qui comprend tout le secteur sucrier public a expliqué devant une commission parlementaire que le
but est d’accroître la production de sucre et d’électricité de manière à couvrir 30 % des besoins du pays en
électricité et d’économiser ainsi une bonne partie du
pétrole importé avec pour horizon l’indépendance
énergétique.
D’autres centrales dont la plus grande se trouve dans
la province e l’Ontario au Canada fonctionnent aussi
maintenant à cent pour cent avec de la biomasse. Il
s’agit de la centrale d’Atikokan fonctionnant maintenant à la biomasse et dont le rôle est de servir de
centrale d’appoint en cas d’insuffisance de courant.
Jusqu’il y a quelque temps la centrale fonctionnait au
lignite qui est un charbon pauvre et elle a été convertie à la biomasse : essentiellement des billes de bois
venant des fôrets canadiennes. La capacité de la
centrale est de 205MW, ce qui fait d’elle la plus grande
centrale électrique à biomasse d’Amérique du Nord.
Les billes de bois comme
combustible La conversion de la partie thermique a été confiée à
l’entreprise sud-coréenne Doosan, cette même entreprise qui est en train de convertir la centrale Provence 4 de Gardanne du charbon au bois. Doosan
intervient à Atikokan sur une chaudière Babcock, société américaine à l’origine dont, pour la petite
histoire, elle a pris le contrôle en 2006 à la suite du
japonais Mitsui. La branche énergie de Doosan a
d’ailleurs été renommée Doosan Babcock Ltd en 2013.
Doosan a donc installé 15 nouveaux brûleurs sur la
chaudière (des Doosan Mark IV), équipés chacun d’un
système anti-explosion (injecteur de bicarbonate de
sodium dans le foyer) et un nouveau système de
décendrage. L’entreprise a ainsi réussi à convertir
une puissance de centrale de 227 MWé au lignite, en
une centrale de 205 MWé au granulé de bois, avec la
même chaudière. Au début des années 80, la
construction de la centrale avait coûté 800 millions
de dollars canadiens (560 millions d'euros). Le coût
de cette conversion a été de 120 millions d'euros- le
charbon n’a pas complètement disparu de la centrale.
Il est gardé en réserve pour les cas de pénurie de biomasse.
(à suivre)
Georges Gauvin
8 - KRÉOL
TÉMOIGNAGES DE MARDI 23 DÉCEMBRE 2014
Oté
In pé langré i nouri,
tro langré i bril !
Bann éspésialis i di, pou lo lékonomi an zénéral, lé pa tro bon, lo pri
lésans i désann tro ba, i prétan néna in lésplikasyon pou sa, mé pou mwin
sinp konsomatèr, sé in bon nouvèl. Dopi kèk tan lo pri lo baril i bèss in pé é
i kontinié bésé ankor zordi, minm si pou in pé shové i amay, anou, ni dwa
pa souplingn a nou pou in fwa, mé in nafèr mi konpran pa tro, kan lo pri
pétrol i goumant, dopi lo tan i goumant ? Dan lélan i profit touzour pou
goumant tout é a so moman la i di lo pri i flanm, donkalor la i aranz a zot
pou fé flanm tout ansanm, vik bokou d’shoz i dépann lo pétrol, a s’ki paré,
o kontrèr kan lo pri i bèss, lé rar, mé tanzaot i ariv a bèsé, é la i ral lo trin
pou fé d’sann an ba lo pri.
Parlfèt, zordi i bèss é poukoué mi di sa ? Prann lékzanp sinploman si lo
biyé pou vwayaz dann lavyon. Mi parl pa pou loto, pou loto, lésans la bèss
inn ti ging, mi parl ryink pou lavyon. Konm lo prézidan la rézyon, li lé li
minm-minm prézidan isi, prézidan la ba, prézidan la rézyon, prézidan la
sématra, prézidan la konpany lavyon, ali minm i dwa gingn règ tousala,
san pran lèr èk pérsonn, vik li di partou li vé fé vwayaz a nou gratuitman
èk nout larzan, lokasyon lé bon pou li, pou fé pou vréman. Anvoy a li pou
fé bèss lo pri biyé, ni atann, la fin d’lané i tonm bon.
Vik li lé tousala an minm tan, é konm i di li sousié bokou pou fé vwayaz
rényoné (tronp pa zot, li sousié pa pou son zéléksyon). O lièk domann
souplé létat touzour ousinon sa détourn larzan larmé, komans par
diminié lo pri biyé lavyon. Li ging fé sa vitman, la si li vé toudsuit, i sifik lo
prézidan la rézyon i intérvyin opré d’lo prézidan la sématra é ké li minm li
domann lo prézidan la konpany lavyon èr ostral.I dovré alé vit, kip é
anpèsh a li ? li gingn fé sa sontousèl minm zour vik li désid dé tou, li pass
partou konm i di, boudikont li règn si tout, mé souvan-dé-fwa, konm bann
vié i rakont « In pé langré i nouri, tro langré i bril »
Justin